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Cinéma

Quentin TARANTINO

A l'occasion des 20 ans de Jackie Brown, voici le moment de faire un zoom avant sur le scénariste fou - réalisateur génial - producteur allumé : Quentin TARANTINO !!

 

Nourri de westerns spaghetti, de films de gangsters, de kung fu, de chambara (film de sabres japonais), de slashers, de blaxploitation des années 70, Quentin Tarantino est  un véritable cinéphile-cinéphage, voire une encyclopédie vivante du cinéma selon certains experts...

 

Reflet parfait de ses influences, sa filmographie rend hommage à ses films cultes (Rio Bravo, Le bon, la brute et le truand, Coffy la panthère noire de Harlem, Taxi Driver, Carrie au bal du diable,...)  mais revus et corrigés selon ses propres codes.  

En s'affranchissant des normes et des identités graphiques en vigueur, il a créé « son » style, tant au niveau de l'écriture des scénarii que des techniques de réalisation ou de montage. Depuis Reservoir Dogs, scénario écrit en moins de 4 semaines, jusqu'aux Huit salopards tournés en format pellicule 70mm, il a imposé, dans l'enthousiasme comme dans les controverses, sa façon de faire, personnelle et unique : scenarii à la narration non linéaire, en sketchs, alternance du noir-blanc et couleur, écran divisé en vignettes, faux raccords intentionnels, ajouts de parasites ou rayures sur le film...

 

 

 

 

Alimentés de dialogues le plus souvent non conventionnels (échanges longs, bavards, argotiques, décalés), les films de Q.T. sont un condensé de références à la culture populaire mêlant esthétisme, violence, parfois extrême, ironie… Plus qu'une succession de longs métrages, ce qui fait la singularité de sa filmographie, c'est l'univers qu'il a su créer, avec les détails qu'il nous glisse sous les yeux, nous agite sous le nez avec génie et malice et ce sont ces liens qu'il tisse entre ses films qui le rendent unique et déjà culte.

 

En voici quelques-uns :
- dans Boulevard de la mort, c'est son propre juke-box qui tourne au Texas Chili Parlor, avec les étiquettes qu'il a lui-même écrites, dont celle de « Misirlou », titre phare de Pulp fiction ;
- dans Pulp Fiction, le scénario du pilote que Mia Wallace s'apprête à tourner et qu'elle raconte à Vince est celui … du futur Kill Bill !
- Vic de Reservoir Dogs et Vince de Pulp Fiction sont frères ! Si ce lien est archi-connu, celui qui l'est moins c'est celui qu'il y a entre Archie Hicox, lieutenant d'Inglorious Basterds et Pete Hicox l'Anglais des Huit salopards : le premier serait l'arrière-arrière-arrière petit-fils du second !

 


Allez, rien que pour vous donner envie de vous précipiter sur les DVD pour vérifier, voici encore quelques truculences tarantinesques : les cigarettes « Red Apple » fumées dans tous les films ; les lettres « F*ck U » aperçues sous les semelles de Black Mamba juste avant son affrontement avec O-Ren-Ishii ; l'acteur italien présent au moment du combat de Maudingues dans Django Unchained est LE Django du film de 1966 ! Hommage rendu !  

 


Mais, au-delà des images, l'univers Tarantino c'est aussi ses incroyables bandes-son qui sont là pour faire le lien direct avec les images et pas « juste » les illustrer. Que ce soit via un juke-box, une radio, un auto-radio, un lecteur MP3, la musique est omniprésente et quasi un personnage à part entière. Entre sa colossale collection privée de vinyles et sa culture infinie des standards américains, Q.T. sélectionne, recycle et surtout associe les morceaux de musique, tous genres confondus mais souvent des années 70.

 


Rock, pop, rythm'n blues, blaxploitation, Q.T. ratisse large pour nous offrir des BO toutes aussi inoubliables que les images qu'il y a associées. Avec talent et plaisir, il nous fait redécouvrir et rend ainsi intemporels des titres oubliés ou négligés ; Bobby Womack, Nancy Sinatra, April March, Shiravee, Stealers Wheel, Urge Overkill, The 5,6,7,8's, David Bowie, Chuck Berry entre (beaucoup !) d'autres sont désormais indissociables d'une scène d'UN Tarantino ! Et si, pour les Huit salopards, Q.T. a, pour la première fois, fait appel à un compositeur, c'est uniquement, là encore, par respect et révérence puisque c'est Ennio Morricone lui-même qui s'est mis à l'oeuvre. Hommage rendu, bis !

 

 

Pour conclure, et pour attendre le prochain film, sur lequel les rumeurs vont déjà bon train, voici de quoi vous occuper un peu les méninges et les mirettes en vous refaisant l'intégrale TARANTINO...


- Quel est le lien musical entre Boulevard de la Mort et Kill Bill ?
- Sachant que Q.T. est autant innovateur qu'influenceur, quel hommage lui est rendu par Joe Johnston dans Captain America ? Un indice ? C'est lié à un des acteurs fétiches de Q.T....
- Un p'tit dernier ? Quel est le point commun entre les clips « I'm really hot » de Missy Elliott,  « Telephone » de Lady Gaga et  … Kill Bill ?????

 

Flo.

 

Liens utiles


Petite sélection tarantinesque

Couverture de : Hateful eight (The) : BO du film de Quentin Tarantino Amazon

Hateful eight (The) : BO du film de Quentin Tarantino

Morricone, Ennio (1928-....) / Universal Music France S.a / 2015

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Kill Bill v.2

Tarantino, Quentin / TF1 vidéo / 2004

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Pulp fiction

Tarantino, Quentin /

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Reservoir dogs

Tarantino, Quentin /

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The Tarantino connection

Tarantino, Quentin / MCA / 1996

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Musique

Depeche Mode et la New Wave

Les anglais reviennent avec un 14e album : "Spirit"

 

Les 3 potes de Basildon (Comté d'Essex au Royaume-Uni) sont une nouvelle fois de retour sur le devant de la scène avec la sortie en mars de leur quatorzième album studio, sobrement baptisé "Spirit". Un retour inspiré et engagé pour ces vieux de la vieille de la New Wave, puisque leur album est très marqué par la politique nord américaine (pays dans lequel vivent deux des membres du groupe) et particulièrement par l'accession à la présidence de Donald Trump.

Ce second souffle politico-artistique semble profiter au groupe si souvent accusé (à tort) de légèreté voire de superficialité... Mais c'est bien mal connaître Depeche Mode, groupe exigeant et sans concession, qui nous propose aujourd'hui 12 titres sombres, intenses et audacieux, dont "Where's the Revolution" est le premier single.

L'album entier est à l'image de ce titre qui semble résonner comme une mise en garde, un écho flagrant à l'actualité politique de ces derniers mois aux Etats-Unis, mais aussi dans le reste du monde occidental...

 

La New Wave

 

Mais qu'est-ce que la New Wave, me demanderez-vous ? Ce mouvement musical apparu à la fin des années 70 aux Etats-Unis et en Angleterre fait référence au genre cinématographique de la Nouvelle Vague des années 50 en France. Il servait à l'origine à définir les groupes nés après la révolution anarchique du Punk (tout comme le Post-Punk) avant d'être clairement identifié comme un genre musical à part entière et d'incorporer plusieurs sous-genres comme la Synthpop (caractéristique de Depeche Mode), la Cold Wave, l'Electronic Body Music ou encore le Gothic Rock...

La New Wave se caractérise par un mélange de guitares électriques et de sonorités électroniques, une imagerie sobre et souvent gothique ainsi que des textes sombres et particulièrement cyniques. Les artistes appartenant à ce mouvement choisissent de délaisser les instruments rock traditionnels (guitare, basse, batterie) au profit des outils électroniques comme le synthétiseur (d'où le sous-genre Synthpop) ou la batterie électronique, qui donnent à la musique un côté froid et lancinant.

Parmi les groupes de référence, on trouve Depeche Mode bien sûr, mais également The Human League, Blondie, New Order, The Cure, Siouxsie & The Banshees et bien d'autres encore que vous pourrez découvrir en écoutant la webradio concoctée par vos bibliothécaires préférés !

 

 

Le groupe

 

A la fin des années 70, Vince Clarke, Andrew Fletcher et Martin L. Gore, 3 adolescents de Basildon (comté d'Essex) élevés au rock et au punk, décident de former un groupe centré autour d'un instrument encore peu utilisé à l'époque, le synthétiseur. Ils le baptisent Composition of Sound. Mais Vince Clarke, peu motivé, est rapidement évincé puis remplacé par David Gahan, futur chanteur et leader du groupe, renommé Depeche Mode en hommage à un magazine de mode français...

 

David Gahan

Connu pour son charisme et sa prestance scénique, le chanteur de Depeche Mode depuis 1979 est également le membre le plus connu et le plus médiatisé du groupe. Son excentrisme fait souvent parler de lui comme digne héritier de Mick Jagger ou encore Iggy Pop. Sa voix profonde et reconnaissable entre toutes contraste merveilleusement avec la froideur des synthé et l'attitude plus figée de ses 2 partenaires.

S'il compose peu pour le groupe, il donne émotionnellement beaucoup de lui et nombre de chansons font écho à des périodes plus ou moins sombres de sa vie. C'est le cas de "In your room" sur l'album Songs of Faith and Devotion ou encore "Condemnation", troisième morceau issu du même album...

 

 

 

 

Martin L. Gore

Cofondateur du groupe, il en est également l'auteur/compositeur principal. A l'opposé de David Gahan, son attitude sur scène et dans la vie est plus discrète. Maladivement timide étant jeune, Depeche Mode lui a permis de se révéler et de s'assumer en tant qu'artiste complet : compositeur, parolier, chanteur, guitariste et claviériste, il assume toutes ses facettes avec talent et est très apprécié du public. Son style androgyne, ses boucles blond platine et ses tenues vestimentaires fortement inspirées du SM fond de lui un personnage original et emblématique du groupe.

Depuis 1989, Martin L. Gore poursuit une carrière solo en parralèle de son travail avec Depeche Mode. Cependant, il reste fidèle à son genre musical de prédilection la Synthpop dans ses albums, dont l'excellent Counterfeit.

 

 

 

 

Andrew Fletcher

Malgré son statut de cofondateur, il est le membre le plus discret et le plus méconnu du groupe. Considéré comme un piètre musicien et compositeur, il est le plus souvent relégué derrière ses claviers pendant les concerts, plus rarement à la basse. Il occupe pourtant une place déterminante au sein de Depeche Mode grâce à son sens du marketing et du management.

Contrairement à ses deux partenaires, il n'a jamais quitté l'Angleterre et réside toujours à Londres où il possède un restaurant.

 

 

 

 

La discographie

 

Depeche Mode sort régulièrement des albums depuis leur premier disque en 1981, intitulé Speak and Spell. Le succès est immédiat grâce à la chanson "Just Can't Get Enough". En 1982, parait A Broken Frame suivi de Construction Time Again l'année suivante, qui contient le single "Everything Counts", considéré comme la toute première chanson Pop-indus anglaise.

 

En 1984, Some Great Reward révèle un des plus gros tube du groupe à ce jour : "Master and Servant". Puis en 1986, c'est Black Celebration avec "A Question of Time" qui déferle sur les ondes...

 

Le sixième album de Depeche Mode est Music for the Masses et contient "Never Let Me Down Again" qui fait un carton en Europe en 1987 malgré un succès modéré en Angleterre. En 1990, Violator connait un important succès artistique et commercial et est toujours considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs albums du groupe pour ses qualités inventives et novatrices. Il contient, entre autres, les tubes "Personal Jesus" et "Enjoy the silence".

 

Le groupe revient en 1993 avec Songs of Faith and Devotion, album plus rock et fortement marqué par des influences grunge chères à Dave Gahan. On y retrouve, entre autres, les succès "I Feel You" et "Walking in my Shoes". La tournée Devotional Tour qui l'accompagne, longue de 14 mois et réalisée par Anton Corbijn, reste une des plus mémorables à ce jour... C'est également une période sombre pour les musiciens qui s'enlisent dans des problèmes liés à une consommation de drogue de plus en plus forte.

 

Après Ultra en 1997 et Exciter en 2001, passés relativement inaperçus, le 11e album de Depeche Mode Playing the Angel sort en 2005 et marque le retour du groupe sur le devant de la scène, notamment grâce à la chanson "John the Revelator", véritable attaque contre le président américain Georges W. Bush.

 

En 2009, le single "Wrong", extrait de l'album Sounds of the Universe, est une nouvelle réussite commerciale et télévisuelle pour Depeche Mode. Quatre ans plus tard, Delta Machine s'écoulera à plus d'un million d'exemplaires...

 

 

Après bien des hauts et des bas (mésententes entre les membres du groupe, alcoolisme, drogue, maladie...), les trois Anglais prouvent avec la sortie de leur 14e album Spirit en 2017 qu'ils sont toujours présents et actifs sur la scène artistique internationale. Désormais adultes, responsables et sereins, ils piochent dans l'actualité et dans leurs histoires personnelles pour trouver l'inspiration. Mais toujours avec le plus grand des talents...

 

Marie

 

 

 

 

 

Une sélection d'albums de Depeche Mode

Couverture de : Delta machine Amazon

Delta machine

Depeche Mode / Sony Music / 2013

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Playing the angel

Depeche Mode / EMI / 2005

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Couverture de : Sounds of the universe Amazon

Sounds of the universe

Depeche Mode / EMI music / 2009

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The best of

Depeche Mode / EMI /

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Couverture de : Ultra Amazon

Ultra

Depeche Mode / Mute Records / 1997

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